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Dossier : Se lancer dans le BIO

Le bioLes consommateurs sont à la recherche de naturalité aussi bien dans les ingrédients qui composent les produits que dans le processus de production et de fabrication. Les français font preuve d’un véritable attachement au bio et notamment les jeunes. La consommation de produits bio ne cesse de croître depuis plusieurs années.
Que ce soit pour des raisons de santé, pour la qualité et le goût des produits ou pour préserver l’environnement, chacun a ses raisons de consommer bio.

Vous souhaitez profiter de cet engouement pour élargir et fidéliser votre clientèle, en proposant une offre bio, mais vous ne savez pas comment faire ? Faisons le point sur les produits bio et leur réglementation !

Qu’est ce qu’un produit bio ?

Le terme « issu de l’agriculture biologique » est un label de qualité régi par un cahier des charges européen. Dans ce cadre, il faut respecter certaines pratiques culturales pour les produits végétaux (non utilisation de produits chimiques de synthèse et d’OGM, recyclage des matières organiques, rotation des cultures et la lutte biologique) et des critères pour l’élevage d’animaux (matière première d’origine bio, respect du bien-être animal, médecines douces en cas de besoin…).

Pour fabriquer un produit bio, il faut bien évidemment avoir une matière première bio mais aussi respecter un cahier des charges restrictif sur le processus de fabrication et les additifs utilisés : emploi restreint d’additifs et d’auxiliaires de fabrication, non-utilisation de traitements ionisants et le recours à des procédés respectueux de l’écosystème et non polluants.

A chaque étape de la vie du produit (production, transformation, distribution…), le cahier des charges de l’agriculture biologique doit être respecté.
Tout au long de la filière, du producteur au distributeur, les pratiques sont régulièrement contrôlées par des organismes agréés, garantissant au consommateur des produits de qualité certifiée.

Quels produits peuvent être bio ?

  • les produits agricoles non transformés comme par exemple les céréales, les légumes, les fruits, les fleurs d’ornement, le coton, le lait, les œufs, les animaux;
  • les produits agricoles transformés destinés à l’alimentation humaine, tels le pain, les fromages, les plats cuisinés;
  • les aliments destinés aux animaux;
  • les semences et matériels de reproduction végétative.

Par quelle réglementation le bio est-il encadré ?

Dans toute l’Union européenne, le règlement (CE) n°834/2007 précise l’ensemble des règles à suivre concernant la production, la transformation, la distribution, l’importation, le contrôle et l’étiquetage des produits biologiques. Il est complété par des règlements d’application, notamment le règlement (CE) n°889/2008.

Un nouveau règlement est actuellement en préparation. Il entrera en application en janvier 2021.

EN SAVOIR PLUSagencebio.org

Comment devenir transformateur (ou distributeur) de produits bio ?

Pour commercialiser des produits issus de l’agriculture biologique, tout opérateur (producteur, préparateur, distributeur ou importateur) doit avoir été contrôlé par un organisme certificateur agréé par les pouvoirs publics et disposer des certificats correspondants.

Voici les étapes à suivre :

1. Réfléchir au projet de création ou de passage au bio

• Mesurer l’impact du changement et les modifications à effectuer (techniques, économiques, temps de travail supplémentaire,…) ;
• Mieux connaître les filières d’approvisionnement, les caractéristiques du marché et les problématiques de votre métier en bio.

2. S’engager auprès d’un organisme certificateur

Contacter un organisme de contrôle indépendant, agrée par les pouvoirs publics. La signature du contrat avec l’organisme implique le respect du cahier des charges de l’agriculture biologique.
C’est la date de la signature de votre contrat d’engagement auprès de l’organisme qui constitue la date du démarrage de la conversion.

3. Se notifier auprès de l’Agence Bio

Au même titre que la certification, tout opérateur Bio (agriculteur, préparateur, ou distributeur) doit déclarer son activité auprès des pouvoirs publics. Cette notification se fait auprès de l’Agence Bio pour le compte du Ministère de l’agriculture. La date limite de notification est fixée au 15 mai de chaque année. A noter : il est possible de se notifier en ligne dès la 1ère année d’activité Bio sur le site de l’Agence Bio.
La notification permet notamment de figurer sur l’annuaire professionnel des opérateurs en Agriculture Biologique mis à jour par l’Agence Bio.

Des aides sont disponibles en Nouvelle-Aquitaine. 

POUR EN SAVOIR PLUS : interbionouvelleaquitaine.com, les aides

Quelles sont les règles d’étiquetage ?

Seuls les produits contenant au moins 95 % d’ingrédients agricoles certifiés biologiques peuvent comporter les termes « biologique » ou « bio » dans leur dénomination de vente, comme par exemple « purée biologique » ou « compote bio ».
S’agissant des produits composés principalement d’ingrédients issus de la chasse ou de la pêche, les mentions peuvent apparaître dans la dénomination de vente mais en regard des ingrédients biologiques (exemple : pâté de sanglier avec la mention « avec des herbes biologiques » au niveau de la dénomination de vente).
En dessous de 95 %, les termes « biologique » ou « bio » ne peuvent apparaitre qu’au niveau de la liste des ingrédients.

Logo communautaire (euro feuille)

Depuis le 1er juillet 2010, le logo communautaire (euro feuille) est obligatoire sur tous les produits préemballés dans l’UE, facultatif pour les produits importés. L’origine des matières premières utilisées doit apparaître dans le même champ visuel que ce logo (UE, non UE, UE/non UE, ou le nom d’un pays si 100 % des matières premières en sont originaires).
Enfin, le numéro de l’organisme certificateur en charge des contrôles doit apparaître sur l’étiquetage du produit.

Le Logo AB
 

Il peut être apposé en sus du logo euro feuille, sans jamais être plus visible que celui-ci. Par ailleurs, il peut apparaître seul pour des produits qui n’ont pas encore fait l’objet d’une harmonisation au niveau européen mais qui sont élaborés conformément à un cahier des charges français homologué.

 

Est-il possible de fabriquer seulement un ou deux produits bio ?

Il est possible de ne fabriquer que quelques produits bio à condition de respecter les garanties de non-mélange entre les produits/ingrédients bio et non bio à tous les stades de la fabrication.
Cela se traduit notamment par : 

  • un stockage des matières premières et des produits finis bio dans un endroit clairement identifié,
  • une fabrication des produits bio et des produits conventionnels séparée dans l’espace ou dans le temps,
  • une compatibilité qui distingue bien les achats/ventes de produits bio et non bio.

La consommation de bio

La consommation de produits biologiques a connu une croissance annuelle inégalée pour la troisième année consécutive : + 1,2 milliards d’euros, soit + 15,4 % entre 2017 et 2018.
En 2018, la valeur des achats des produits alimentaires issus de l’agriculture biologique a progressé de 1,4 milliard d’euros soit une croissance de +15,7 % vs 2017.
Une croissance qui vient conforter les attentes des français pour une plus large présence des produits bio. 
En 2018, plus de 9 Français sur 10 déclarent avoir consommé des produits biologiques et près des ¾ consomment bio régulièrement (au moins une fois par mois). 12% en consomment même tous les jours !

Les achats de produits bio se répartissent entre les achats des ménages et ceux de la restauration hors foyer : 
– 9,139 milliards d’€ TTC d’achats des ménages sont consacrés aux produits bio (5 % des achats alimentaires des ménages). En 2018, les français ont dépensé 136 € en moyenne par an et par habitant. 
– 555 millions d’€ HT de produits bio acheté par la restauration hors domicile dont 319 millions d’euros en restauration collective et 236 millions en restauration commerciale.

Les produits et circuits de distribution qui progressent le plus (grande distribution) reflètent une démocratisation de la consommation de produits alimentaires bio.
La grande distribution enregistre 49 % des achats de produits bio (+ 22,6 % entre 2017 et 2018). Les ventes en magasins spécialisés bio représentent 34 % des achats de bio (+ 7,7 % entre 2017 et 2018), la vente directe détient 12 % des parts de marché (+ 12,8 % depuis 2017) et 5 % pour les artisans et commerçants (+ 10, 3 % entre 2017 et 2018) notamment grâce à l’engagement de nombreuses boulangeries artisanales.

source : www.artisans-gourmands.fr